Le SSEA devient la MECS Fernand Marin

L’Œuvre du refuge des enfants abandonnés ou délaissés de la Gironde, devenue Orientation et Rééducation des Enfants et des Adolescents de la Gironde (OREAG) en 1963, a été fondée le 18 mars 1889 par Fernand MARIN, vice-président du tribunal de Bordeaux. Reconnue d’utilité publique par un décret du 26 septembre 1892, l’Association s’était fixée pour mission « de rechercher et de recueillir les enfants moralement abandonnés du département de la Gironde et de faire de ces malheureux, qui sont la pépinière des bagnes et maisons centrales, d’honnêtes cultivateurs, des soldats disciplinés, des ouvriers laborieux ». L’œuvre charitable affichait nettement sa volonté de contribuer à protéger les enfants et cette mission restera, au fil des ans, son cœur de métier.


L’établissement, alors nommé « foyer de semi-liberté », est créé le 15 février 1957, pour accueillir 25 mineurs placés dans le cadre de l’ordonnance 45. Il fonctionne sur le principe d’une autonomie quasi-totale. Ce mode trouve rapidement ses limites face aux jeunes, livrés à eux-mêmes dans leur projet, qui multiplient des actes de délinquance. Le foyer de semi-liberté est fermé en 1975, avant d’être restructuré et réimplanté sous forme de logements individuels. Une formule médiane, finalement retenue en 1985, est celle alliant un Foyer internat pour les garçons et cinq logements collectifs répartis dans la communauté urbaine de Bordeaux. Non adaptés à leur environnement (nombreux problèmes de voisinage), ces appartements se révèlent difficiles à gérer. Ils feront place à l’Unité Chambres en Ville, qui accueille des jeunes majeurs. En 1990, un Foyer Filles, installé à Pessac, se rajoute au Foyer Garçons et à l’Unité Chambres en Ville. L’établissement est désormais désigné comme un Service Socio-Éducatif pour Adolescents, dit « SSEA » sans que l’on connaisse précisément la date du changement de nom.

La désignation de cette Maison d’Enfants à Caractère Social comme un « Service, voir un Service Ados » jette le trouble aussi bien auprès des partenaires, des familles que des nouveaux professionnels. Par ailleurs, les déménagements successifs du SSEA ne lui ont pas permis de se construire une identité structurante : à chaque déménagement, l’établissement changeait de nom et se voyait baptiser du nom de la rue dans laquelle il s’installait… Que transmettons-nous alors au SSEA à travers l’histoire de son identité quelque peu brouillée ?


Le cœur de métier de l’établissement a toujours été de protéger et de faire advenir chaque adolescent, qui lui est confié, en un adulte arrimé à la société dans laquelle il vit. Ainsi, de génération en génération de professionnels et de jeunes placés, le SSEA continue d’accueillir l’Adolescence avec toutes ses manifestations, allant des plus calmes aux plus bruyantes.


 L’adolescence est un processus qui concerne chaque individu dans la mesure où elle symbolise le passage de l’enfance à l’âge adulte et convoque ainsi, inévitablement, la question de la transmission et de la filiation. C’est donc vers ce Père fondateur, Monsieur Fernand MARIN, que j’ai souhaité faire symboliquement référence afin que le SSEA porte son nom et soit, désormais, désigné comme La Maison d’Enfants Fernand MARIN.

Habiba KEBABI-MOYAL
Directrice du SSEA